La haine a frappé ! Une femme, une mère, une ancienne élue, Marie-Jeanne Bozzi a été exécutée, frappée dans le dos par des balles, à Porticcio, en plein jour, au milieu de la population, près du Centre Commercial, par des tireurs à moto ! Une exécution de plus ! Dans cette escalade de la violence qui ensanglante la Corse, pour la première fois, une femme a été abattue dans les conditions d’un règlement de comptes, vengeance ou «contrat» ! Toute mort donnée est un acte inadmissible. Nul n’a le droit de porter atteinte à la vie d’autrui. Et rien, jamais, ne justifiera ces actes qui défient la raison, déchirent les coeurs et culpabilisent une communauté comme la nôtre, impuissante à juguler ces bras armés par une fureur qui nous atteint tous !
Comment ne pas crier notre indignation devant la répétition de tels actes ? Comment contribuer à faire du RESPECT, le programme de vie de chacun ? Comment oeuvrer pour que se taisent les déflagrations de tous ordres et extirper de nos moeurs et coutumes ce sentiment perceptible, souvent autant que funeste de vengeance ?
Où sont les pacificateurs, « i paceri » capables d’apporter aux âmes les plus endurcies les paroles d’apaisement, de conciliation pour une paix des coeurs et des esprits ?
Il appartient à toutes les femmes, à tous les hommes de volonté, d’oeuvrer dans ce sens ne négligeant aucune occasion pour essayer de construire la société du Respect qui n’est autre que la traduction, dans les faits au quotidien, de l’Amour du prochain !
Marie-Jeanne Bozzi avait une forte personnalité. Femme de caractère et d’action, elle n’avait pas froid aux yeux dans l’exercice de ses mandats électifs où transparaissait cependant, toujours, son sens aigu de mère de famille, attentive aux besoins de ses concitoyens ! Le malheur avait déjà meurtri sa famille. Il ne nous appartient pas, ici, de savoir le comment et le pourquoi de situations ayant conduit à de telles extrémités. Nous ne possédons aucune clef de ces affaires qui ensanglantent notre région.
Mais nous nous inclinons devant la douleur de cette famille, comme nous nous sommes inclinés devant la douleur de toutes les familles atteintes par ces balles qui fusent n’importe où au milieu de la foule, tuent, dans le hall de sa maison, un autre élu, ou n’hésitent pas à ensanglanter un enfant du sang de son père dans une voiture.
Aucune mort violente n’est justifiable. Les circonstances la rendent encore plus détestable et difficile à supporter !
La Corse en appelle à tous ses enfants : que cesse ce jeu de massacre ! Que la police et la justice aient tous les moyens pour intervenir en conséquence ! Et que la conscience s’ouvre à la
vérité du vouloir vivre ensemble.
Que le sang de la vie irrigue notre communauté régionale !
Que l’on cesse de faire parler les armes. L’honneur et le vrai courage, c’est de se tourner vers la justice pour trancher les différends et les litiges ! |